Leasing d'art : 13 millions de redressement

22 juillet 2025

Notre veille judiciaire nous fait découvrir chaque semaine de nouveaux horizons, comme celui de la société Sacerd'Art, spécialisée dans le leasing d'œuvres d'art. Cela consiste à mettre en relation des entreprises ou des particuliers avec des galeries d'art, pour leur permettre de louer des œuvres.

Dans un entretien accordé à La Nouvelle République, son dirigeant, Samuel Lusseau, expliquait que les grands hôtels internationaux constituaient sa principale clientèle. La société a également "passé des partenariats avec de grands cabinets d'experts-comptables, d'avocats ou de gestionnaires du patrimoine à même de faire valoir les avantages fiscaux d'un investissement artistique auprès de leurs riches clients".

Malheureusement, plusieurs décisions du Tribunal administratif de Poitiers (disponibles ici ou ici) indiquent que Sacerd'Art est aujourd'hui dans le viseur du fisc, qui lui réclame près de 13 millions d'euros. À un redressement fiscal se sont en effet ajoutées des "majorations pour manquement délibéré et des pénalités de retard [ainsi que] des amendes pour fausses factures".

La société se plaignait que ce montant mis en recouvrement représentait plus de trois fois son chiffre d'affaires annuel. Et ajoutait que "la saisie des sommes que lui doivent certains de ses clients dans un secteur aussi sensible que celui du marché de l’art, aurait des effets catastrophiques sur la réputation de la société auprès de ses partenaires, galeries, collectionneurs et institutions, et compromettrait définitivement sa capacité à maintenir son activité". Des arguments qui n'ont pas réussi à susciter la clémence de la justice administrative. 

Sacerd'Art était défendue par Ophélie Dantil.